La Banque d’Espagne impose une quotité maximale de 80 % pour les résidents et 70 % pour les non-résidents sur la plupart des emprunts immobiliers. Les taux fixes et variables évoluent différemment d’une région à l’autre, tandis que certaines banques appliquent des taux bonifiés sous conditions strictes. À compter de 2025, de nouvelles exigences réglementaires entreront en vigueur concernant la transparence des frais annexes et l’assurance emprunteur.
Les différences entre les offres espagnoles et françaises se creusent, notamment sur la durée maximale des prêts et les pénalités de remboursement anticipé. Les établissements étrangers opérant en Espagne adaptent progressivement leurs critères d’octroi pour les investisseurs internationaux.
Panorama 2025 : où en sont les taux d’emprunt immobilier en Espagne ?
Le marché immobilier espagnol avance prudemment, sans emballement ni repli brutal. En 2025, les taux d’emprunt immobilier en Espagne naviguent entre 3,2 % et 4,1 % pour les prêts à taux fixe classiques, selon les chiffres récents collectés auprès des principales banques espagnoles. Du côté des taux variables, indexés sur l’euribor, la moyenne tourne autour de 3,5 %, hors marge bancaire.
À Madrid et Barcelone, la stabilité domine, mais sur la Costa Blanca et la Costa del Sol, la demande alimente une poussée des prix. Les hausses modérées observées en 2024 se prolongent, portées par l’attrait des côtes et la présence continue d’acheteurs venus d’ailleurs. Quand vient le moment de choisir, la nature du taux pèse lourd : le taux variable mixte attire de plus en plus. Il propose une période fixe initiale, avant de basculer sur un taux variable indexé sur l’euribor. Beaucoup d’investisseurs apprécient ce compromis, jugé plus équilibré que le variable pur et plus adaptable que le fixe intégral.
Les banques espagnoles se montrent plus sélectives. L’incertitude plane sur les taux interbancaires, la BCE restant sur ses gardes. Résultat : les établissements misent sur la prudence, en particulier pour les non-résidents désireux de financer un projet immobilier en Espagne. Avec la montée du prix moyen des biens, la capacité d’emprunt et la durée des crédits s’ajustent, souvent vers le haut.
| Type de taux | Niveau moyen 2025 |
|---|---|
| Taux fixe | 3,2 % – 4,1 % |
| Taux variable (Euribor + marge) | 3,5 % – 4,0 % |
| Taux mixte | Entre les deux, selon la phase initiale |
En 2025, le marché reste verrouillé, mais sans excès de tension. Les investisseurs aguerris scrutent les écarts entre taux fixe, variable et mixte, sachant que la volatilité de l’euribor demeure le paramètre clef à surveiller.
Quelles conditions pour obtenir un prêt immobilier, selon que l’on soit résident ou non résident ?
L’accès à un prêt immobilier en Espagne ne se joue pas à armes égales pour tous. Les banques espagnoles adaptent leurs exigences en fonction du profil, du niveau de risque et du statut de l’acquéreur. Pour un résident, la démarche s’appuie sur des revenus réguliers, une situation professionnelle ancrée localement, et une capacité à épargner démontrée. L’apport personnel demandé s’établit le plus souvent à 20 % du prix, mais certains établissements acceptent de descendre à 10 % pour les profils jugés particulièrement robustes.
Pour un non-résident, le parcours se complexifie. L’apport initial grimpe rarement sous 30 %. Impossible de faire l’impasse sur le numero identificacion extranjero (NIE), pièce maîtresse pour toute opération immobilière en Espagne. Les banques examinent alors de près l’origine des fonds, la stabilité des revenus dans le pays d’origine, l’existence d’actifs ou de garanties ailleurs. La durée du prêt hypothécaire se limite généralement entre 15 et 25 ans. Côté paperasse, il faut s’attendre à rassembler un dossier étoffé : avis d’imposition, bulletins de salaire, relevés bancaires, parfois traduits et légalisés.
Voici les principaux contrastes observés selon le statut :
- Résidents : apport moindre, durée de crédit plus longue, traitement plus rapide.
- Non-résidents : exigences durcies, apport conséquent, analyse approfondie.
Les banques espagnoles fonctionnent à l’épreuve des faits : stabilité, capacité à rembourser, clarté des ressources. Un résident tire parti de sa présence sur place et d’une relation bancaire existante. À l’inverse, un non-résident doit s’armer de patience et présenter un dossier sans faille pour convaincre l’établissement prêteur. Plus l’éloignement du profil standard est marqué, plus la négociation se rétrécit.
Focus sur les coûts annexes : frais, assurances et dépenses à anticiper
Le coût total d’un crédit immobilier en Espagne dépasse largement le simple taux affiché par la banque. De l’autre côté des Pyrénées, chaque achat s’accompagne de multiples frais d’acquisition, taxes, assurances et autres dépenses qui alourdissent la facture.
Commençons par les frais d’achat : ils représentent en moyenne entre 10 % et 14 % du montant du bien, selon la localisation. Ce poste inclut les droits de mutation (ITP) pour l’ancien, ou la TVA pour le neuf, les frais de notaire, d’enregistrement, et parfois d’agence immobilière. Exemple concret : en région de Valence ou sur la Costa Blanca, l’ITP s’établit à 10 %. Pour un logement neuf, la TVA grimpe à 10 % du prix, auxquels il faut ajouter 1,5 % de droits d’acte juridique documenté.
Impossible d’échapper aux assurances. La banque espagnole exige systématiquement une assurance habitation couvrant le bien financé, et, dans la majorité des cas, une assurance emprunteur. Le coût varie selon l’âge, le montant emprunté et les garanties choisies, souvent à des tarifs plus compétitifs qu’en France.
À cela s’ajoutent la taxe foncière annuelle (IBI), calculée sur la base de la valeur cadastrale, puis les charges de copropriété pour les résidences dotées d’équipements collectifs (piscine, espaces verts). Il arrive aussi que des frais ponctuels surviennent pour la mise aux normes, l’électricité ou l’eau.
Pour clarifier, voici les principales lignes de dépenses à prévoir :
- Frais d’achat : droits de mutation, notaire, enregistrement
- Assurances obligatoires : habitation et emprunteur
- Charges récurrentes : taxe foncière, copropriété
Comparer l’Espagne et la France : différences de taux, d’accès et d’avantages en 2025
En 2025, les taux d’emprunt immobilier en Espagne se rapprochent nettement de ceux de la France. Les banques espagnoles affichent un taux moyen légèrement supérieur, autour de 3,3 % pour un prêt à taux fixe sur vingt ans, contre 3 % côté français. Sur les taux variables, l’écart s’atténue : indexation sur l’euribor, avec une attention constante portée aux orientations de la BCE. Les profils solides parviennent parfois à négocier des conditions quasi équivalentes de part et d’autre des Pyrénées.
La façon d’obtenir un prêt change la donne. En Espagne, l’accès au crédit reste plus ouvert, surtout pour les non-résidents. L’apport personnel grimpe généralement à 30 % du montant du bien, contre 10 à 20 % en France. Le dossier doit être rigoureux, avec une attention particulière portée à la provenance des fonds et à la régularité des revenus. Toutefois, la flexibilité espagnole profite à ceux qui ne disposent pas d’un CDI hexagonal.
La fiscalité pèse également dans la réflexion. Grâce à la convention fiscale franco-espagnole, la double imposition sur les revenus locatifs et la plus-value à la revente est évitée. La location touristique séduit, surtout sur la Costa Blanca ou à Valence, avec des rendements bruts souvent supérieurs à ceux observés dans les grandes villes françaises.
En définitive, pour l’investisseur, la différence ne se limite plus au taux : elle se joue désormais sur la souplesse des banques, le cadre fiscal et la rentabilité locative. L’Espagne, avec ses exigences mais aussi ses opportunités, continue de tracer sa propre trajectoire sur le marché européen du crédit immobilier.


